Madagascar île aux mille parfums

Dans le tumulte des vagues océanes, l’île de Madagascar étend ses forêts luxuriantes et ses côtes sinueuses comme un écrin aux trésors aromatiques. Dès le Xe siècle, les marchands arabes fondent des comptoirs sur la côte nord-ouest de l’île, y introduisant l’islam et l’écriture sorabe. Plus tard, les Européens, Portugais, Français et pirates débarquent sur la côte Est : sous la légende des pirates de Nosy Boraha devinent les débuts d’un commerce florissant. Les vieilles cartes coloniales ci-dessus témoignent de cette époque : elles font figurer la « Côte orientale de l’Afrique » bordée par des forêts d’épices exotiques, palmiers et tortues géantes comme autant d’illustrations du récit historique.

Épices et traditions locales

Madagascar regorge de plantes aromatiques aux noms chantants. Le poivre sauvage (voatsiperifery), liane rare de la forêt tropicale, y est endémique et suscite toutes les convoitises. Comme le souligne le CIRAD, ce « poivre sauvage endémique » ne pousse qu’au sommet de la canopée, au prix d’une cueillette périlleuse. Ce trait d’union poétique entre l’arbre et la forêt, juteux et puissant, est devenu « populaire il y a une quinzaine d’années », un véritable « coup de cœur » de chefs étoilés

A ses cotés, le poivre noir classique (originaire d’Inde) s’est imposé sur les plantations malgaches dès l’époque coloniale. Plus loin, les baies roses (dérivées d’un arbuste d’Amérique), aux arômes légèrement mentholés, sont aujourd’hui souvent importées de Madagascar pour leur saveur délicate.

La cannelle (bâtons d’écorce douce), bien qu’originaire du Sri Lanka, parfume la cuisine madécasse depuis le XVIIe siècle, tandis que le girofle (clou charnu, venu des Moluques via Zanzibar) agrémente le fameux rougail coco ou les rhums arrangés. Le gingembre et le curcuma apportent leurs teintes orangées et piquantes : on raconte que leur couleur soleil vient du sang d’un géant légendaire enseveli sous les tubercules… Le pili-pili est quant à lui le piment local, si fort que son nom traditionnel « Pilo kely » signifie « petit piment »

Vanille, cacao, café et autres trésors enrichie par des ethnies venues d’Afrique et d’Asie, la culture malgache a gardé le sens du partage autour de l’assiette. On s’y régale de vanille Bourbon aux longs gousses noires : introduite vers 1880 par des planteurs réunionnais sur l’île de Nosy Be, la vanille de Madagascar a « changé la vanille à jamais ».  C’est aujourd’hui la variété reine, domptant le marché mondial grâce à son parfum musqué unique. Autour d’elle, on cultive le cacao (planté au début du XXe siècle dans la vallée tropicale du Sambirano), qui bien que modeste en volume surprend par la richesse de ses trois variétés mêlées.

Le café Robusta est lui aussi un pilier local : héritage de la colonisation (introduit vers 1890), il est « de loin la boisson préférée des Malgaches » grâce à son goût fort et terreux. Chaque matin, sur les marchés de campagne, on vend le café vert au kilo un peu comme des auréoles de grains à torréfier à domicile.

Enfin, l’agrume combava (une lime à l’écorce bosselée) apporte sa fraîcheur citronnée aux plats de la côte. Cultivé principalement au Nord-Est de l’île, ce « diamant vert de la cuisine exotique » est vénéré depuis des siècles par les Malgaches . Son zeste parfumé, plus intense que le citron, est broyé pour parfumer rhums arrangés et marinades.

L’histoire de Madagascar est celle des parfums qui voyagent : le cliché eur citronnée aux plats de la côte. Cultivé principalement au Nord-Est de l’île, ce « diamant vert de la cuisine exotique » est vénéré depuis des siècles par les Malgaches. Son zeste parfumé, plus intense que le citron, est broyé pour parfumer rhums arrangés et marinades. L’histoire de Madagascar est celle des parfums qui voyagent : le cliché ci-dessous montre un artisan malgache du début du XXᵉ siècle tressant un sobika (corbeille traditionnelle) pour transporter vanille et poivres sur le marché. Chaque épice évoque une part de ce récit : elle a traversé des mers, tissé des liens entre royaumes malgaches (Merina, Betsimisaraka, etc.), officiants vaudous et navigateurs. Les légendes abondent comme celle du patriarche épicé, gardien des arbres à cannelle, reflétant la place sacrée des épices dans  ci-dessous montre un artisan malgache du début du XXᵉ siècle tressant un sobika (corbeille traditionnelle) pour transporter vanille et poivres sur le marché. Chaque épice évoque une part de ce récit : elle a traversé des mers, tissé des liens entre royaumes malgaches (Merina, Betsimisaraka, etc.), officiants vaudous et navigateurs. Les légendes abondent comme celle du patriarche épicé, gardien des arbres à cannelle, reflétant la place sacrée des épices dans les croyances locales.

Dans cette fusion d’arômes et d’histoires, Madagascar se révèle pour les amateurs d’épices comme une page enchantée où chaque gousse ou baie raconte une aventure, entre ciel et terre.

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